Si par une belle journée de printemps ou d’été, on se rend de Paris à Bordeaux, on franchit la Loire à Tours, c’est l’occasion de faire une halte dans cette cité, de visiter son musée des Beaux-arts, où l’accueil est aimable et attentionné. Il se situe au 18, sur la place François Sicard, où l’on trouve de plus un excellent salon de thé-pâtisserie au numéro 1, Aux Délices des Beaux-Arts.

Musée des Beaux-arts à Tours

Angle de la place François Sicard, d’où l’on aperçoit les tours clochers de la cathédrale Saint Gatien.

Aux délices des Beaux-arts au 1, place François Sicard à Tours



Et en profiter pour visiter un château de la Renaissance, situé dans un rayon de 30 kms. J’ai choisi Chenonceau. Amboise ce sera pour une autre fois.

Le château de Chenonceau, photo de l’auteur.
Je n’ai pas besoin de rappeler -merci pour la prétérition- que ce château de la Renaissance, construit en 1527 par Katherine Briçonnet et récupéré par le pouvoir royal, a été offert par le roi de France Henri II, fils de François 1er, à sa maîtresse Diane de Poitiers (qui avait 20 ans de plus que lui et avait été sa gouvernante).

Le tourtereau. Portrait d’Henri II, roi de France (1519-1559), par François Clouet conservé à Florence (Palazzo Pitti, Inv. 3260). Le noir et le blanc étaient à la mode, ainsi que les bijoux, les diamants dans le chapeau plat, une sorte de béret. Une mode venue d’Italie et rapportée à la suite des guerres d’Italie menées par son père et lui-même.

La tourterelle. Je ne sais pas si le portrait est avantageux. En tout cas, elle fait son âge et on imagine difficilement un amour charnel torride. Bon pourquoi pas ?
Celle-ci fit embellir par les deux frères architectes Philibert et Jean Delorme, le château d’origine, à deux tourelles, fenêtres à meneaux et pinacle de style gothique flamboyant, épaulé à la rive droite du Cher. Ils l’ont relié, par un pont de cinq arches de plein cintre, à la rive opposée du Cher.
Très vite, après la mort d’Henri II qui mourra stupidement – lors d’un tournoi le 30 juin 1559 ; il avait pile poil 40 ans et Diane de Poitiers la petite soixantaine – Catherine de Médicis, sa femme, expédiera Diane de Poitiers au château voisin de Chaumont-sur-Loire, qui là-bas domine la Loire, et fera surmonter le pont de Diane de deux galeries superposées et d’un toit avec des chiens assis, abritant des combles ainsi ajourés. Naîtra alors un nouvel édifice de la même hauteur que le château d’origine, d’une longueur de 60 mètres.

Catherine de Medicis est née le 13 avril 1519 à Florence et morte le 5 janvier 1589 à Blois. Sur ce tableau elle est veuve ! Il ne s’agit donc pas de la mode en noir et blanc chère à son époux défunt; avec du noir et du blanc on peut faire des choses totalement opposées.
C’est le château actuel dans toute son élégance. Sa façade de pierre blanche surgit d’une eau, aux reflets moirés de vert et d’ocre sombre. Le Cher sait bien qu’il ne pourra jamais engloutir cette construction, alors il écume un peu, vibrionne par ci par là, et participe au final, intimement, à la révélation d’une vision enchanteresse, qu’emporte ce joyau de la Renaissance.

Photo de l’auteur
Et cette surface liquide qui porte un ouvrage d’art à la beauté de carton-pâte.
« L’homme n’a point de port, le temps n’a point de rive, il coule et nous passons » déclamait Lamartine sans savoir précisément de quoi parlait-il, mais comme il le dit lui-même, passons. Au reste le Cher a bien une rive, il coule et nous passons en effet par Chenonceau pour une visite de prestige.
A l’intérieur, on monte, d’un pas plus ou moins leste, les étages. Et on reste perplexes dans les galeries, qui ouvrent principalement… sur les seules chambres à coucher des reines, des maîtresses…Ces galeries sont plutôt vides de mobilier et de tableaux. Soudain voilà, sur la gauche, un tableau qui n’attire visiblement pas l’attention des visiteurs.


Louise Fontaine, épouse de Claude Dupin. Tableau exposé au château de Chenonceau a été en fait réalisé d’après l’œuvre de Jean-Marc Nattier.

Ce tableau m’évoquait quelque chose, de vagues souvenirs sont venus m’effleurer.
Et cela me revient… c’est Jean-Jacques Rousseau qui parle tant de madame Dupin dans ses Confessions. C’est Louise Dupin, célèbre pour son salon littéraire au siècle des Lumières.

Quentin de la Tour, Portrait de Jean-Jacques Rousseau, 1743, à l’époque où il fréquentait assidûment le salon de Mme Dupin
En août 1742, Jean-Jacques avait tout juste trente ans quand il arriva à Paris. Il y restera jusqu’en 1756, où il ira vivre à l’Hermitage à l’invitation de Mme d’Epinay. C’est à cette époque qu’il fit la connaissance de Diderot, qui devint son ami avant qu’ils ne se brouillent. Mais il n’y en avait pas un pour rattraper l’autre sur le chapitre de l’amitié, il faut bien l’admettre. (je n’en donnerai qu’un seul exemple ; Parlant du Rousseau solitaire – il deviendra même un promeneur solitaire – Diderot écrit dans « Le Fils naturel » (drame bourgeois en cinq actes de 1757) : « il n’y a que le méchant qui soit seul » .
Madame Dupin tint d’abord à l’hôtel Lambert, sur l’île Saint-Louis, un des salons les plus en vue de Paris. Mais revendu le 31 mars 1739, Rousseau ne l’aura donc pas connu.

S’y pressaient la haute société et les hommes de lettres, comme Voltaire, Fontenelle ou Buffon.
C’est à l’hôtel de Vins, rue Plâtrière à Paris, qu’elle recevait Jean-Jacques Rousseau. Hôtel de Vins qui portait le nom de son ancien propriétaire, le marquis de Vins d’Agoult de Montauban. Aujourd’hui Hôtel Dupin, au no 68 rue Jean-Jacques Rousseau.

Hôtel Dupin, rue Plâtrière devenue rue Jean-Jacques Rousseau dans le premier arrondissement de Paris.
Madame Dupin, même dans ce siècle des lumières, ne remit jamais en cause la monarchie absolue et réserva toujours ses faveurs à l’aristocratie.
Rousseau écrit dans ses Confessions:«Mme Dupin était la fille de Samuel Bernard et de Mme Fontaine. Elle était la plus belle des trois filles et fut le prix de l’hospitalité de M. Dupin, comte de Francueil – à qui sa mère la donna avec une place de fermier général et une fortune immense, en reconnaissance du bon accueil qu’il lui avait fait dans sa province. »
La réalité est bien différente. Claude Dupin était un financier très bien informé du fait que Samuel Bernard était un riche financier et que sa fille était un fort bon parti… Et la bonne aubaine pour ce brave Dupin, le voilà riche.
Madame Dupin recevra Jean-Jacques Rousseau à Paris au mois de mars 1743. Il n’était pas alors le grand philosophe qu’il deviendra à partir de 1755 et la publication du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes. Il était le précepteur du fils de madame Dupin, Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux âgé de 13 ans et le secrétaire et caissier de Claude Dupin. Il aidait monsieur et madame Dupin à rédiger leurs propres œuvres de réflexion politique et sociale.
Madame Dupin rédigait notamment des écrits moraux comme « Idées sur le bonheur », « Idées sur l’amitié » « Idées sur l’éducation ». Elle a acquis de nos jours la réputation d’une auteur féministe.
Madame Dupin contribua aux écrits de son mari Claude Dupin, auteur notamment en 1749 d’un ouvrage en deux volumes, « Réflexions sur quelques parties d’un livre intitulé de L’esprit des lois « , qui réfute les arguments développés par Montesquieu dans son traité « De l’esprit des loi », publié l’année précédente, en 1748.
Il défend le système qui a fait sa fortune, la Ferme générale et les financiers, attaqués par Montesquieu, ainsi que la monarchie, tout en prenant soin de ne pas nommer le philosophe et observant pour lui-même, l’anonymat, en homme prudent et avisé.
Montesquieu obtient la suppression de l’édition de Claude Dupin. Mais le livre de Montesquieu est mis à l’index en 1751 et le pape en interdit la lecture. Le fermier général publie en 1752, une nouvelle version plus modérée en trois volumes : Observations sur un livre intitulé, de l’Esprit des lois et cette critique, mieux argumentée, n’a pas connu le sort réservé à la première édition. Il va sans dire que cette confrontation provoque la rupture des relations entre Montesquieu et le couple Dupin.
Enfin, Louis-Claude Dupin de Francueil, le fils d’un premier lit de M. Dupin et beau-fils de Mme Dupin voulait aussi que Rousseau se fit en quelque sorte son secrétaire pour l’aider à rédiger un livre de physique.

Ces sollicitations tendent à montrer que Rousseau possédait quelques signalées qualités.
Jean-Jacques Rousseau écrit d’ailleurs: « Ni M. Dupin ni Mme Dupin ne se souciaient de me laisser acquérir une certaine réputation dans le monde, de peur peut-être qu’on ne supposât, en voyant leurs livres, qu’ils avaient greffé leurs talents sur les miens. Cependant, comme Mme Dupin m’en a toujours supposé de très médiocres, et qu’elle ne m’a jamais employé autrement qu’à écrire sous sa dictée, ou à des recheches de pure érudition, ce reproche, surtout à son égard, eût été bien injuste ».

Portrait de Jean-Jacques Rousseau,comme secrétaire du fermier général et auteur d’ouvrages politiques Claude Dupin, par François Guérin (1717-1801).

Jean-Jacques Rousseau fait la lecture de L’engagement téméraire, sa propre comédie en trois actes, devant Madame Dupin dans un salon du château de Chenonceau, à l’automne 1747.
Il écrit dans ses confessions: « En 1747 nous allâmes passer l’automne en Touraine, au château de Chenonceaux, maison royale sur le Cher, bâtie par Henri second pour Diane de Poitiers, dont on y voit encore les chiffres, et maintenant possédée par M. Dupin, fermier général. On s’amusa beaucoup dans ce beau lieu; on y faisait très bonne chère; j’y devins gras comme un moine. On y fit beaucoup de musique. J’y composai plusieurs trios à chanter, pleins d’une assez forte harmonie. On y joua la comédie. J’y en fis, en quinze jours, une en trois actes, intitulée l’Engagement téméraire, et qui n’a d’autre mérite que beaucoup de gaieté. J’y composai d’autre petits ouvrages, entre autres une pièce en vers, intitulée L’Allée de Sylvie, du nom d’une allée du parc qui bordait le Cher, (Livre septième 1741-1747).
Voici ce qu’en dit Madame d’Epinay : « La pièce de Jean-Jacques Rousseau a eu grand succès. Ce n’est pourtant qu’une pièce de société. Je doute qu’elle pût réussir au théâtre. C’est l’ouvrage d’un homme de beaucoup d’esprit, et peut-être d’un homme singulier. Je ne sais pas trop cependant si c’est ce que j’ai vu de l’auteur ou de la pièce, qui m’a fait juger ainsi.
Il est complimenteur sans être poli, ou du moins sans avoir l’air. Il est sans les usages du monde; mais il est aisé de voir qu’il a infiniment d’esprit. Il a le teint fort brun, et des yeux pleins de feu animent sa physionomie.
Lorsqu’il a parlé et qu’on le regarde, il paraît joli; mais lorsqu’on se le rappelle, c’est toujours en laid.
On dit qu’il est d’une mauvaise santé, et qu’il a des maux de souffrance qu’il cache avec soin, par je ne sais quel principe de vanité. C’est ce apparemment ce qui lui donne de temps en temps en temps l’air farouche.
La noblesse de robe coudoie la haute noblesse sans la tutoyer
Un fermier général était à la tête d’une Compagnie (la Ferme Générale), qui achetait selon le principe de la vénalité des offices la charge de collecter les impôts indirects, la gabelle, sur le sel, les droits de douane, le décime, nouvelle appellation de la dîme prélevée autrefois au profit du clergé puis au XVIIIème siècle au bénéfice du roi etc… Le principal impôt direct, la Taille, assise sur les biens fonciers, était exclu de la Ferme générale (prélevée par l’intendant et le receveur général des finances dans les pays d’élections, comme la Touraine ou la Guyenne, et par les Etats dans les pays d’Etat, comme la Bretagne et la Bourgogne). Le fermier général avançait le montant de l’impôt au Roi et récupérait cette somme sur les assujettis. Il prenait au passage entre 13 à 14%.
Tel était le rendement normal des fonds placés sans risque dans les fermes générales. On connaît la boutade de Voltaire dans la Vision de Babouc : » Il y a dans Persépolis (à Paris) quarante rois plébéiens (les fermiers généraux) qui tiennent à bail l’empire de Perse (la France) et qui en rendent quelque chose au monarque ». Au reste le monarque, de son côté, utilisera l’argent obtenu d’abord pour mener une vie de cour fastueuse – et Marie-Antoinette en sera l’illustration- ensuite sera servie l’armée et enfin viendront les fontionnement et politiques économiques de l’Etat.
Les fermiers généraux, comme beaucoup de titulaires d’office, n’appartenaient pas à la haute noblesse et ne faisait pas partie intégrante de la Cour. Elisabeth Badinter écrit dans sa préface aux «Contre-Confessions» de Madame d’Epinay : « Le monde dans lequel Louise (d’Epinay), plus précisément est celui des fermiers généraux qui incarnent la bourgeoisie luxueuse au sommet de la hiérarchie sociale, juste au-dessous de l’aristocratie de cour. Les ordres de la société étaient toujours soigneusement cloisonnés, on ne s’étonnera pas de voir qu’un fermier général, aussi riche soit-il, n’appartient pas à la classe des privilégiés auliques gravitant autour du roi. Cette bourgeoisie, comme la noblesse de robe, connaît peu de monde à la cour et son influence y est à peu près nulle ».
La haute bourgeoisie financière mettra toutefois de l’acharnement pour obtenir des titres de noblesse. Et Dupin y parviendra.
C’est cette situation qui explique qu’afin d’exister socialement culturellement et politiquement, on trouve aussi des salons littéraires philosophiques et scientifiques dans ces milieux. Mais selon le bon principe de la servitude volontaire exprimée par La Boétie, car ils profitaient largement du système, on se gardait de remettre en cause la monarchie absolue et un système où la société était divisée en ordres, alors même qu’on disposait de tous les éléments d’information et d’analyse pour les juger condamnables.
Rousseau poursuit : « Elle était encore, quand je la vis pour la première fois, une des plus belles femmes de Paris. Elle me reçut à sa toilette. Elle avait les bras nus, les cheveux épars, son peignoir mal arrangé. Cet abord m’était très nouveau ; ma pauvre tête n’y tint pas ; je me trouble, je m’égare, et bref, me voilà épris de Madame Dupin. Mon trouble ne parut pas me nuire auprès d’elle, elle ne s’en aperçut point. Elle accueillit le livre et l’auteur, me parla de mon projet en personne instruite, chanta, s’accompagna au clavecin, me retint à dîner, me fit mettre à table à côté d’elle. Il n’en fallait pas tant pour me rendre fou. Je le devins.» (Confessions livre Septième).

Voltaire ne sera pas en reste et fera l’éloge de Madame Dupin : « déesse de la beauté et de la musique ».

Portrait de François Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778) tenant une édition de son œuvre, La Henriade en 1737, d’après Maurice Quentin de la Tour. Musée Antoine-Lécuyer, situé à Saint-Quentin (Aisne).
Mais lui du côté de la beauté n’était pas un dieu. Rousseau non plus.
Jean-Marc Nattier, un peintre d’histoire et une carrière dans le portrait
Pour être peintre, il fallait avoir été reçu à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture.
A l’Académie, la peinture était divisée en genres hiérarchisés. La peinture d’histoire se situait tout en haut de la hiérarchie, car elle était censée demander un plus grand effort intellectuel de connaissance, d’interprétation et de composition. Le choix d’un sujet, dans l’histoire sainte et dans la mythologie gréco-romaine, ou bien dans l’histoire ancienne ou moderne, était examiné avec la plus grande attention par les membres de l’Académie. Le second genre était le portrait, puis les sujets moins « nobles » comme la « peinture de genre » (scène de la vie quotidienne). Venaient ensuite les genres dits « d’observation » qu’étaient la peinture de paysage, la peinture animalière et la nature morte.
Ce sont donc les peintres d’histoire qui obtenaient les meilleures commandes royales, les postes d’enseignement les plus prestigieux et beaucoup d’avantages matériels. Seuls les peintres d’histoire pouvaient accéder aux plus hautes charges académiques, et ils profitaient en priorité des attributions d’ateliers, de logements, de places, de pensions et de distinctions.
Une fois agréé par la présentation d’un premier ouvrage, l’artiste pouvait être reçu académicien, par l’approbation, dans un délai en principe d’une année, d’une nouvelle œuvre, dont le sujet avait été imposé ou accepté lors de l’agrément.
Cette nouvelle œuvre devait être donnée par l’impétrant peintre. Ainsi l’Académie se trouva propriétaire d’un grand nombre de tableaux, notamment de peinture d’histoire, de mythologie ou d’allégorie. Le revers de la médaille, c’est que puisque l’œuvre devait être donnée à l’Académie, le peintre ne forçait pas son talent et les œuvres sont en général médiocres.
A la Révolution, l’Académie a été supprimée puis rétablie sous la Restauration, mais les tableaux sont devenus propriété de l’Etat français, qui ne sut pas trop qu’en faire.
C’est ainsi que la ville de Tours en récupéra un bon nombre, qui remplissent aujourd’hui toute une grande salle. On y trouve l’œuvre de Jean-Marc Nattier donnée à l’Académie royale de la peinture et de la sculpture.

Jean-Marc Nattier, Persée, assisté par Minerve, pétrifie Phinée, 1718, huile sur toile, 113,5 cm de hauteur x 146 cm de largeur, Musée des Beaux-Arts de Tours, propriété de la commune depuis un transfert de l’État en 2010.
C’est une œuvre sur un thème mythologique, on a compris pourquoi, il n’avait en effet guère de choix. Elle illustre un épisode mythologique où Persée, sous la protection de Minerve, pétrifie Phinée en lui présentant la tête de Méduse. Ce moment dramatique met en avant les thèmes de courage, honneur et devoir, de quoi être reçu haut la main à l’Académie. Nattier crée un rythme dynamique dans la composition. Les figures de Persée et Minerve se tiennent au centre, symbolisant la maîtrise et la sérénité face au chaos qui règne au premier plan.

On peut comparer le tableau de Nattier avec celui de Sebastiano Ricci, célèbre peintre vénitien, qui offrit à l’Académie la même année 1718 une œuvre, le « Triomphe de la Sagesse sur l’Ignorance », d’un baroque tardif, alors que l’œuvre de Nattier est plus classique. Son admission à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture lui sera accordée le 18 mai 1718. Ce tableau, exposé au Louvre, qui malheureusement ne l’a pas donné à la ville de Tours, représente aussi Minerve, déesse de la « Sagesse », en laquelle à son tour s’identifie la France, qui incarne la « Vertu », laquelle écrase avec son pied l’« Ignorance », un homme aux oreilles d’animal.
Lorsque l’on a compris que tous ces tableaux offerts à la ville de Tours sont des œuvres dont les sujets sont imposés, d’histoire ou de mythologie, qu’ils doivent être de facture classique; qu’ils doivent comprendre de nombreux personnages, présenter beaucoup d’accessoires peints avec précisions avec une richesse de détails , que la scène doit faire l’objet d’une scénographie et que le peintre l’a exécuté sans conviction parce qu’il s’agissait d’une obligation, alors on n’a plus qu’à se laisser aller à contempler les œuvres, en rechercher l’originalité, la beauté dissimulée, l’élan artistique. Et on trouve véritablement beaucoup de choses.
On peut regarder les voiles des vestales aux déshabillés antiques, leur doux négligé ici, le traitement virtuose des cotonnades et mousseline, là etc…. On peut observer que bien souvent les dessous prennent le dessus.
On peut sourire en regardant le caractère pompeux de la Minerve en bleu de Nattier. Mais les Pompiers justement ne méconnaîtront pas la force artistique de ce genre.
Proust faisait remarquer – dans un amour de Swann – que le public ne connaît du charme et de la grâce des formes artistiques que « ce qu’il en a puisé dans les poncifs d’un art lentement assimilé ». Ici pour les poncifs c’est gagné, on s’y engloutit; mais comme on n’a plus rien à y perdre, oublions l’art classique et savourons les tableaux, puisons dans notre imaginaire, dans notre expérience artistique propre et prenons tout notre plaisir.
Ces peintures d’histoire et de mythologie ne rapportaient guère d’argent. Aussi Nattier se tourna-t-il vers les portraits, une frénésie de se faire portraiturer s’étant emparée de la noblesse de robe et de la bourgeoisie montante.
Eh bien justement Louise Dupin se fit tirer le portrait. Et elle avait les moyens de payer un peintre de grand renom. Ce qu’elle fit.

Jean-Marc Nattier, Madame Dupin,vers 1733. Elle a alors 27 ans . Ce portrait se trouvait au boudoir de l’hôtel Lambert
On voit qu’elle a les lèvres très rouges et les joues teintées de rouge, ce qui aujourd’hui est fort commun. Mis à la mode par les « belles » et les « nymphes », le rouge était devenu le complément indispensable de la toilette féminine. Il était rigoureusement exigé à la Cour les jours de présentation.
Le rouge comprenait d’aileurs une grande variété de qualités et de nuances : à la Cour il devait être très vif.
Madame d’Epinay raconte que son mari l’obligea dès le lendemain de ses noces à mettre du rouge. Un de ses amis présent rapporte: » Le mari tenait une boîte à rouge d’une main, une petite brosse de l’autre, sa femme fuyant et se fâchant qu’il exigeait qu’elle mît du rouge ».
Montesquieu, quand il était président à mortier au Parlement de Bordeaux, avait fait la remarque qu’avec le rouge « aujourd’hui tous les visages sont les mêmes ».
Le rouge de madame Dupin est vif en effet. A coup sûr, elle a mis du blanc au front. A la ville on suit bassement la mode de la cour.
Le rouge a persisté, mais Nattier est vite tombé dans l’oubli, supplanté par les Boucher et autre Fragonard, autrement dit par le style rococo.
Au reste, il n’est pas tombé dans un oubli complet. Somerset Maugham, dans son roman, « Le fil du rasoir » écrit en 1943 et publié un an après, on peut lire : « Il avait invité Marie-Louise de Florimond, qui associait à des relations irréprochables une immoralité notoire. Elle avait quarante ans, mais en paraissait dix de moins; elle avait hérité la beauté délicate de son aïeule dont le portrait, signé de Nattier, figurait maintenant dans l’une de collections les plus réputées d’Amérique ».
Peut-être pensait-il en écrivant son roman au portrait, non pas d’une aïeule de la fictive Marie-Louise de Florimond de son roman, mais à une autre Marie-Louise, Marie-Louise de France.

Jean-Marc Nattier, Madame Marie-Louise de France, 1748, Musée de Versailles.
Et il y a bien air de famille avec le portrait de Louise Dupin, ici princesse de France sinon en grand appareil, du moins dans une robe éclatante chargée de volants, mais le même air de candeur et d’innocence. Mêmes lèvres rouges, mêmes joues rougies. Toutes pareilles.
Quand à Proust, dans Sodome et Gomorrhe c’est le portrait de la duchesse de Châteauroux de Nattier qui est cité, « chef d’œuvre de Nattier fixant la duchesse en majestueuse et meurtrière déesse ».

Jean-Marc Nattier, portrait de la duchesse de Chateauroux en chasseresse
Une sorte de vacuité dans la physionomie, et de disponibilité physique de la jeune femme à l’air peu farouche. Peinture mi d’histoire mi-portrait à la gloire des plaisirs charnels pour plaire aux commanditaires.
Mais il est temps de revenir au château de Chenonceau.
.

On se rapproche encore un peu et on peut entrer.

Le château de Chenonceau et le XVIIIème siècle
L’histoire et la vie de Louise Dupin illustrent la montée au XVIIIème siècle de la bourgeoisie financière et de la noblesse de robe, souvent liées par des mariages arrangés, pour former une nouvelle classe sociale.
Comme l’a écrit Elisabeth Badinter, citée plus haut, l’ordre de la noblesse était cloisonné. Ce nouveau groupe social qui cherchait à échapper au monde roturier pour accéder à l’aristocratie, n’appartenait pas à la noblesse de cour, mais cherchait à s’en approcher, à « côtoyer les anges ». Toutefois, ils étayaient l’absolutisme royal, en singeaient les manières et profitaient de tous les privilèges possibles.
A défaut d’avoir la vie de cour, son cérémonial, ses fêtes, son apparat, cette catégorie de riches, achetant les offices royaux et enrobés de titres aristocratiques également achetés, recevait, tenait salon, s’entichait de philosophie d’arts et menait grand train.
Le château de Chenonceau est ainsi devenu la propriété et le nom de Chenonceaux (avec un x cette fois comme la ville) un titre d’aristocrates issus de la haute finance.

Vue du château depuis les jardins de Catherine de Medicis
L’ascenscion d’une famille de la haute finance
Louise de Fontaine, qui deviendra madame Dupin par son mariage, est née à Paris le 28 octobre 1706 et morte au château de Chenonceau le 20 novembre 1799.
Elle est la fille naturelle que la comédienne Marie-Anne-Armande Carton Dancourt eut avec le comte de Coubert, financier et banquier

Joseph Vivien, Samuel Bernard (1651-1739) comte de Coubert, père naturel de Louise, musée des beaux-arts de Rouen
Il est vêtu comme un aristocrate du grand siècle, de manière moins chatoyante – c’était un banquier- il regarde en coin le spectateur, alors qu’un aristocrate refuserait absolument, même en peinture, de croiser son regard avec celui du spectateur, il cherche à en imposer…

Charles-André Van Loo, Portrait de Louis XV, après 1750 (né en 1710, il a alors la quarantaine et l’embonpoint d’un roi ventripotent ne va plus tarder. On notera avec amusement la quincaillerie des casques à la Bayard,comme au temps de François 1er.
Le roi est peint de pied en cap. Son regard porte au loin et ignore le spectateur, son sujet à qui il est d’ailleurs fait interdiction de regarder le roi en face. Le portrait d’une société en somme.
Les pères seuls décident du sort de leurs enfants. Aussi Louise Dupin n’a que16 ans quand elle épouse Claude Dupin le 1er décembre 1722 en l’église de Saint Roch à Paris.
Pour ce quadragénaire, il est né le 8 mai 1686 et a donc vingt ans de plus que son épouse, veuf et père d’un fils de six ans, Louis Dupin de Francueil (si on s’interesse à ce personnage, c’est M. de Formeuse dans les Contre-confesions de Mme d’Epinay, sa maîtresse), cette situation est inespérée puisqu’elle est assortie de la charge de receveur général des finances.
Claude Dupin devient fermier général le 1er octobre 1726. Samuel Bernard avance la caution de la Ferme à son protégé, pour un montant de 500 000 livres. Le financier abandonne quelques années plus tard la créance, en dispensant le couple de toute reconnaissance de dettes.
Le 24 décembre 1728, Claude Dupin achète une charge de «conseiller secrétaire du Roy, Maison, Couronne de France et des finances », qui est un office vénal tout simplement. L’acquisition de cette charge lui permet d’obtenir la noblesse au premier degré, ainsi que sa descendance.
Grâce à sa puissance financière, il va acquérir un ou plusieurs offices vénaux, et un titre de noblesse. La voie royale étant bien le titre de « Secrétaire du Roi » (il y en avait plus d’une centaine). Avec cette charge – fictive, aucun travail de secrétaire du roi n’était requis- était automatiquement octroyé la qualité de noblesse de robe. Ce qui de surcroît permettait d’échapper à certains impôts.
Madame d’Epinay, dans ses Contre-confessions, une mine d’information – écrit : »Le comte de Lange, aussi vilain que riche, vient d’acheter une charge de secrétaire du Roi pour éviter de payer une partie des droits des droits d’une terre quil a en vue qui relève du Roi. Il ne manque ni messe, ni service, ni aucune des assemblées qui lui procurent son jeton ».
Puis la descendance arrive. Louise donne naissance à un fils, le 3 mars 1727, Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux. Le titre de noblesse apparaît alors pour ce fils. Il a changé son nom de Dupin de Francueil en Dupin de Chenonceaux.
Ce sera de cet enfant dont Rousseau aura la charge de l’éducation en 1743.
Le 12 avril 1732, Claude Dupin acquiert conjointement avec sa belle-mère, le prestigieux hôtel de Lambert, sur l’île Saint-Louis pour la somme de 140 000 livres. Le 9 juin 1733, il achète le château de Chenonceau au duc de Bourbon pour 130 000 livres. (Diderot à sa mort sera à la tête d’une fortune de 200 000 livres, tout cela pour donner une petite idée des uns et des autres, Rousseau restera pauvre, c’est tout unart de ne pas s’enrichir)
En 1738 Madame de Parabère, ruinée par la vie fastueuse qu’elle menait à la cour, vend à Claude Dupin le marquisat du Blanc et la châtellenie de Cors, situés aux limites du Berry et du Poitou. Le marquisat du Blanc comprend le château-Naillac

Le château Naillac
les châteaux de Roche, de Rochefort, de Cors, de Forges, des propriétés, fermes, étangs et terres, dont le montant total est de 555 000 livres, soit un coût équivalent à quatre fois l’achat de Chenonceau.

Madame de Parabère; elle commence à s’empâter. Cheveux blancs à la mode rococo qui avait la faveur à la cour de Louis XV, lèvres rouges, teint blanc poudré. Elle porte un justaucorps avec un fermoir en broche muni de grosses perles, manches courtes et bouffantes. Apprêtée dans une robe aux plis durs, dont les couleurs ocre orangée rouge passent de l’une à l’autre par un jeu de nuances donnant un effet de cuirassee et rappelant la peinture grand siècle. Classique donc. Et le blanc légérement rosée sur la poitrine donne une illusion d’érotisme. Le fond bleu sombre renvoie à la peinture d’histoire ou mythologique. On reste bien à l’Académie de peinture et de sculpture.
Apparemment, la collecte des impôts indirects en sa qualité de fermier général lui rapporte beaucoup d’argent. On s’étonnera alors peu que les systèmes de la ferme générale pour les impôts indirects et des receveurs généraux des finances pour les impôts directs seront, entre autres abus, la cible des révolutionnaires de 1789. Mais en raison du principe du respect de la propriété privée, principe intangible chez les révolutionnaires de 1789 (seul les biens du clergé feront exception), tous ces enrichissements resteront bien acquis.
Louise Dupin a 37 ans et est richissime en 1743 quand Rousseau la rencontre à Paris.
Madame Dupin menait déjà une vie fastueuse entre l’hôtel des vins rue Platrière, ses terres du marquisat du Blanc et le château de Chenonceau.
Le plus naturellement du monde, étaient venus vers elle, des gens de lettres, des philosophes et des savants. Dans ce cercle et à ses dîners, Mme Dupin animait les conversations, menait les débats. Et savait tenir la contestation dans des limites acceptables. Domestiques et laquais assuraient le service auprès de ces philospophes de salon. Tout pour le peuple rien par le peuple.
La vie fastueuse de Louise Dupin et son salon littéraire
Rousseau écrit : « L’entrée d’une maison opulente était une porte ouverte à la fortune ; je ne voulais pas dans ma situation, risquer de me la fermer. La maison de madame Dupin, aussi brillante alors qu’aucune autre dans Paris, rassemblait des sociétés auxquelles il ne manquait que d’être un peu moins nombreuses pour être l’élite dans tous les genres. Elle aimait à voir les gens qui jetaient de l’éclat, les grands, les gens de lettre, les belles femmes »
Elle tint d’abord à l’hôtel Lambert, puis à Chenonceau et à l’Hôtel de Vins, un salon littéraire et scientifique des plus brillants. Elle recevait notamment Voltaire, l’abbé de Saint-Pierre Fontenelle, Montesquieu, Buffon, Marmontel, l’abbé de Mably, Condillac, Bernis.

Peinture de Madame Dupin par Jean-Marc Nattier avec la collaboration de sa fille. Ce portrait décorait la chambre de Mme Dupin au château de Chenonceau. Une seconde version de ce tableau existe, mais non signée, avec une variante. Madame Dupin est en effet représentée avec une foulque d’Amérique (une sorte de volatile) collection privée).
On passe insensiblement du classicisme au roccoco, mais il faut choisir et Nattier reste entre deux eaux. C‘est plutôt kitsch.

Détail du tableau précédent..les lèvres rouges…les doigts pianissimo…
Et elle n’était pas en reste avec une certaine aristocratie. Rousseau écrit : « on ne voyait chez elle que ducs, ambassadeurs, codons bleus (ordre de Saint-Louis). Mme la princesse de Rohan, Mme la comtesse de Forcalquier, Mme la maréchale de Mirepoix, la baronne d’Hervey, Madame de Brignolé, pouvaient passer pour ses amies. »
Mais l’argent parfois cause bien de soucis, surtout à cause de la descendance
Le 9 octobre 1749 à Paris en l’église Saint-Sulpice à Paris, Jacques-Armand, le fils de madame Dupin et l’élève de Rousseau en 1943, épouse Louise-Alexandrine-Julie de Rochechouart-Pontville, qui devient Mme de Chenonceaux. Elle sera une amie fidèle de Rousseau (voir Les Confessions).
Parmi ses moindres défauts, il est joueur au point de perdre en une nuit, une très forte somme. Son père est obligé de vendre plusieurs de ses biens en 1750, pour honorer cette dette d’honneur.
Les écarts de leur fils unique, qui se livre également à des spéculations risquées, se poursuivent. Claude Dupin est contraint de solliciter contre lui, une lettre de cachet – le père de Mirabeau fera la même chose quelques années plus tard pour son propre rejeton- et de le faire enfermer en 1762 dans la forteresse de Pierre Encise, sous prétexte de folie.
Sa famille décide ensuite de faire expatrier Jacques-Armand le 26 octobre 1765 pour ses inconduites, à l’île de France (aujourd’hui île Maurice), où il meurt de la fièvre jaune, le 3 mai 1767.
Le 25 février 1769, Claude Dupin meurt à Paris. Il laisse une fortune évaluée à plus de deux millions de francs-or. Il a 83 ans. Louise Dupin aura donc été mariée 43 ans à cet homme. Elle a 63 ans quand son vieux mari meurt ! Elle est riche peut-être, mais quelle drôle de vie.
Louis-Claude Dupin de Francueil, le fils du premier lit de Samuel Dupin, le père de Louise Dupin dénonce le testament de son père, daté du 15 janvier 1768, et se porte héritier pour la moitié des biens. Ils seront partagés à la suite de la liquidation de la succession en 1772, entre Louise Dupin, son beau-fils Louis-Claude Dupin de Francueil et Dupin de Rochefort. Ce dernier est le fils unique de Jacques-Armand Dupin de Chenonceaux, le fils de Louise. Madame Dupin reçoit le domaine de Chenonceau avec son mobilier, le marquisat du Blanc et l’Hôtel de Vins.
Le jeudi 18 septembre 1788, Claude Sophie Dupin de Rochefort, son petit-fils, meurt au château de Chenonceau, dans sa trente-huitième année.
Avec la disparition de son petit-fils, sans postérité, Louise Dupin n’a plus de descendance directe.
Après les massacres de septembre 1792, elle quittera Paris pour Chenonceau, le 11 septembre 1792, où elle s’installera définitivement en compagnie de sa nièce Madeleine-Suzanne Dupin de Francueil et ses petits-neveux René et Auguste Vallet de Villeneuve.

Le tombeau de Madame Dupin dans le parc du château de Chenonceau. Le monument commandé par les petits-neveux de Villeneuve, est l’œuvre de l’architecte Broynard et du sculpteur Jean Pierre Monpellier.
Madame Dupin transmet le domaine à son petit-neveu, le comte René François Vallet de Villeneuve (1777-1863) .
Chenonceau restera dans la famille de Villeneuve jusqu’en 1864. Acquis en 1733 par Claude Dupin, il sera resté 131 ans dans la famille Dupin.
L’histoire de cette ascension d’un groupe social n’est pas toujours reluisante, une fortune acquise en prélevant une part des impôts directs puis indirects, la quête incessante de biens et de titres aristocratiques, la vie d’une jeune femme mariée à 16 ans à un veuf de 40 ans et une descendance qui ruine rapidement cette ascension.
D’ailleurs le château ne connût que peu d’embellissement sous les Dupin; ils ne réalisèrent rien, ne construisirent rien, ne favorisèrent guère les arts. Claude Dupin n’aura cherché qu’à accroître sa fortune, obtenir des titres et des propriétés.
Tout cela sera vain. Reste la misère grandissante du peuple qui bientôt se révoltera.
Il n’y rien à sauver de l’ère Dupin, si ce n’est le tableau de Madame Dupin et bien sûr…Jean-Jacques Rousseau.
Et un dernier retour sur le passé de Chenonceau.

Le château vu de derrière tel qu’il était déjà au XVIIIème siècle.

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